Plein sud, pied au plancher !
Élodie Bonafous et Yann Eliès poursuivent leur aventure sur la Transat Café L’Or et s’apprêtent à entamer leur quatrième jour de mer à bord d’Association Petits Princes – Quéguiner avec l’énergie retrouvée.
Après un départ tonique, une première nuit au près dans des conditions engagées et un passage délicat de la dorsale au large du cap Finisterre, le duo a enclenché la vitesse supérieure. Ce mercredi, il glisse le long des côtes portugaises, lancé à plus de 20 nœuds de moyenne au vent arrière, légèrement décalé dans l’ouest pour rester dans un couloir porteur. Le contraste est saisissant avec les premières 48 heures, marquées par un mal de mer éprouvant pour la Finistérienne. « J’ai vécu un début pas drôle, j’ai beaucoup vomi et je n’arrivais plus à manger ni à boire. J’étais faible », explique-t-elle. « Mais c’est terminé : j’ai pu me reposer, remanger, et maintenant je suis pleinement dans le match. » Soulagée, Élodie insiste aussi sur l’abnégation de son co-skipper : « Yann est peut-être un peu plus fatigué dans l’instant, parce qu’il m’a laissée récupérer davantage au début. Alors maintenant, j’essaie de le préserver à mon tour. » L’ambiance à bord a changé de ton. Les températures remontent, les premières trouées de ciel bleu apparaissent, et le moral suit la même trajectoire. Pas question pour autant de relâcher la vigilance. « Actuellement, on déboule à 21 nœuds de moyenne au portant et de la mer, donc ça plante fort. Je garde toujours une main sur la main courante. » Le duo cherche sans relâche les bons réglages : « On essaie de trouver les manettes pour faire voler le bateau. L’allure à laquelle nous sommes en ce moment n’est pas le point fort de notre bateau, mais c’est intéressant, ça nous fait progresser. » La suite s’annonce stratégique. Le vent doit mollir puis refuser à l’approche des Canaries, ce qui pourrait créer une zone de transition délicate. « On risque d’avoir un trou d’air avant que ça ne reparte, explique Élodie. On attend ce moment pour relancer, sinon l’approche de l’archipel espagnol peut être compliquée. » Les écarts restent minimes et chacun joue sa carte : « On voit que certains bateaux regagnent vers l’Est, ce n’est pas notre option pour l’instant, mais ça pimente le jeu, ça ouvre des opportunités. » Le tandem, actuellement cinquième au pointage, reste concentré et déterminé. L’IMOCA rouge et blanc file plein sud, parfaitement dans le rythme de la course. « On est au taquet », résume Élodie avec enthousiasme. À cette vitesse, le duo a trouvé le bon tempo : cap clair, tête froide, cœur chaud.