Place à l’action !
L’émotion était bien là, au moment de quitter Saint-Malo. Mais une fois sur l’eau, Élodie Bonafous n’avait plus qu’une chose en tête : la compétition. Ce dimanche, à 13h02, la navigatrice s’est élancée à la barre de l’IMOCA Association Petits Princes - Quéguiner pour sa première Route du Rhum - Destination Guadeloupe, qui marque aussi ses débuts en transatlantique solitaire. Sous un ciel largement dégagé et dans un léger flux de nord-est, elle a débordé le cap Fréhel en 6e position, deux heures après le coup de canon.
Élodie avait soigneusement préparé ses dernières heures avant de prendre le large, avec une priorité plutôt inattendue. « J’ai bien dormi cette nuit et je me sens bien. Mon premier objectif, une fois à bord, c’était de refaire une petite sieste de trente à quarante-cinq minutes. J’avais prévu mes boules Quies pour laisser l’équipe préparer et manœuvrer le bateau sans que cela me perturbe. L’idée, c’était vraiment de réussir à me détacher de tout ça. » Une fois reposée, elle a retrouvé Paul Meilhat pour un dernier point météo, avant les réglages et les ultimes vérifications. Tout devait s’enchaîner sans précipitation. « Tout était calé, sous contrôle, à condition qu’aucun imprévu ne vienne perturber le programme. J’avais tout visualisé, tout préparé. J’étais concentrée, rien ne pouvait me déstabiliser. »
Côté météo, le contraste s’annonce saisissant entre la douceur des premières heures et les difficultés qui attendent les marins. Sous l’influence d’un anticyclone installé sur les îles Britanniques, les monocoques de 60 pieds devraient rapidement quitter la Manche, avant de retrouver une situation autrement plus délicate. Plusieurs dépressions pourraient compliquer leur progression vers les alizés, avec de sérieux arbitrages météorologiques à la clé. Pour Élodie, il faudra trouver le juste équilibre entre vitesse, lucidité et récupération. Elle avait imaginé, anticipé, répété ce moment. À présent, il lui reste à composer avec ce qu’aucune préparation ne peut totalement prévoir.