Ce jeudi, Elodie Bonafous et Yann Eliès entament leur 12e jour de course sur la Transat Café L’Or. L’IMOCA Association Petits Princes – Quéguiner a officiellement basculé dans le dernier acte : la barre symbolique des 1 000 milles restant à parcourir vers Fort-de-France est passée dans la nuit. Au même moment, le premier Ultim a coupé la ligne en Martinique, rappelant que l’échéance est là, devant, presque tangible. À bord, les conditions restent extrêmes : chaleur, humidité… et une haute vitesse devenue permanente. Depuis hier midi, une nouvelle donne majeure s’est invitée à bord : Yann, touché au dos, est immobilisé dans sa bannette. Elodie assure seule. L’arrivée est dans moins de deux jours. Le vent va forcir et devenir plus irrégulier, les grains vont se multiplier. Elle fera au mieux, avec lucidité. Et surtout : elle ne lâche rien.

« J’ai intégré l’option de finir en solo »

Hier, en milieu de journée, Yann s’est bloqué le dos. « Depuis, il est alité et pas du tout capable de se lever. Je gère le bateau seule. J’ai intégré l’option de finir en solo. Ça ne me gêne pas en termes de manœuvre ou de stratégie. C’est plus dans l’organisation du rythme, du sommeil, de la veille que c’est compliqué. » Elle ne peut plus utiliser la bannette “poste de veille” idéale, elle dort ailleurs. « Je n’entends plus les alarmes. Le vrai sujet, c’est l’équilibre : rester en veille en permanence, tout en trouvant de vrais micro-temps de récupération. » Cette nuit, elle a volontairement un peu levé le pied. « Il y avait de l’air, et je n’ai pas trop attaqué pour souffler un peu. » Les deux derniers jours s’annoncent plus musclés, mais instables : « Ça va être plus fort, mais surtout très irrégulier, avec beaucoup de grains. Les routages dessinent une fin de course avec une série de jibes à enchaîner. Je pense que je simplifierai. Me faire 15 empannages en solitaire, ce serait plus de la perte de temps qu’autre chose. »

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