Ce mercredi, Elodie Bonafous et Yann Eliès s’apprêtent à entamer leur 11e jour de course sur la Transat Café L’Or. Leur IMOCA Association Petits Princes – Quéguiner continue de filer à très haute vitesse. « On est toujours au taquet dans notre TGV APPQ29 qui tient ses horaires en direction de la Martinique », glisse Elodie avec humour. Les alizés sont soutenus, le bateau fuse. Tout va très vite. Très loin. Et très humide. « On est calfeutrés à l’intérieur parce que dehors c’est trop violent. Et là-dedans, il fait une chaleur tropicale. On est comme enfermés dans une cage pressurisée lancée plus de 20 nœuds ! », décrit-elle. « Hier, c’était franchement rude, je n’y trouvais pas grand-chose de plaisant ; aujourd’hui, le bateau est plus vivable, on s’est adaptés au rythme, et je recommence à prendre du plaisir. La nuit était même cool. » Sportivement, le rendement est là aussi. Après avoir doublé Arnaud Boissières et Benjamin Dutreux, les deux skippers ont désormais une nouvelle “target” clairement affichée : Sam Davies et Violette Dorange. Les IMOCA ne pardonnent rien, et encore moins à ces vitesses-là. Le jeu, désormais, se joue dans le détail, sur une ligne de crête très subtile : exploiter la meilleure veine d’alizés possible sans se faire aspirer par l’anticyclone au nord. En somme : rester dans la pression la plus efficiente. « Le sujet, maintenant, c’est le compromis. On ajuste exactement ça, on affine », résume Élodie. L’épreuve entre dans son money time, les leaders sont désormais passés sous la barre symbolique des 1 000 milles restant à parcourir avant l’arrivée. Elodie et Yann s’en approchent, eux aussi. Et ils cavalent. Avec détermination. Avec lucidité. Avec la conviction intime qu’un IMOCA, à ce rythme, peut encore écrire beaucoup en très peu de milles. « On progresse bien, ça va vite, et on arrive à se reposer un peu plus qu’hier. Tout va bien à bord et on reste au taquet ! »

 

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