Dans le bon wagon après une première nuit sans concession
« Les nuits sont longues en ce moment, et celle-ci n’a pas été facile », a confié Yann Eliès.
« Les conditions ont été conformes à ce qu’on imaginait — heureusement pas au-delà. On a quand même eu un moment d’inquiétude, en se demandant s’il ne fallait pas prendre un troisième ris. Finalement, on est restés calés à deux ris et J3, depuis le passage de Barfleur. » La mer formée, avec des vents établis à 30 nœuds et des rafales à 40, a contraint le duo à rester confiné à l’intérieur, balloté comme dans une machine à laver. « On a passé la nuit à s’accrocher, manger un peu, boire, dormir par tranches… bref, à encaisser et tenir », a résumé le Costarmoricain. Pour Élodie, un peu affectée par le mal de mer, l’épreuve a été rude mais parfaitement assumée. « Elle assure grave, je vois qu’elle se donne à fond et reprend ses quarts coûte que coûte », a détaillé son co-skipper, admiratif. À la difficulté des éléments s’est ajouté le trafic intense. « Il y avait énormément de bouées et de cargos cette nuit. On n’est pas passés loin de certains, ça rajoute à la fatigue », a expliqué Yann. Illustration des pièges de la zone : le duo de Paprec Arkéa a heurté une bouée et endommagé son bateau. De leur côté, Élodie et Yann sont passés sans encombre, et leur IMOCA a tenu le choc. « On se demande toujours comment il fait pour encaisser quand ça tape comme ça. Mais tout le monde navigue à bloc, alors on fait pareil. Dans ces moments-là, on est bien contents d’être sur un bateau construit par MerConcept », a-t-il ajouté.